Pour un

****

langage non sexiste !

Un site présenté par Eliane Viennot


actualités

« droits de
l'homme » : la lutte continue
Concours d'éloquence
12 décembre 2016
sur le thème «Pourquoi dire “droits humains” plutôt que “droits de l’homme” ?», à l'occasion de la journée anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains (12 décembre 1948), par le Collectif des droits humains pour tou-tes. Voir et entendre les lauréat·es
Theresa May :
Première ministre ou Premier ministre ?
Tribune parue dans Libération
26 juillet 2016
Vingt ans ou presque après la guerre de «Madame la ministre» versus «Madame le ministre», qui fit rage entre 1997 et 1999 après qu’Elisabeth Guigou et quelques autres eurent demandé qu’on parle d’elles au féminin, la nomination de Theresa May à la tête du gouvernement anglais relancera-t-elle la polémique?
(Lire la suite : «La guerre de la Première ministre n'aura pas lieu»)
Les “droits de
l'homme” : une expression obsolète
Tribune parue dans Huffington Post
28 mai 2016
La liste des scandales qui éclaboussent la classe politique française depuis quelques décennies à propos de son sexisme n'en finit plus de s'allonger. Si les stratégies et ripostes élaborées jusqu'à présent sont bienvenues, il est peu probable que nous puissions véritablement progresser sans questionner la culture qui autorise ces comportements…
Lire la suite : «Remettre en cause les “droits de l'homme”, pour faire de l'égalité des sexes une réalité» (version pdf)
“Madame le
président” : de Julien Aubert à l'Académie
Tribune parue dans Libération
24 octobre 2014
Qu’ils aient ou non appelé l’Académie française à leur secours, le député Julien Aubert (1) et les 140 signataires de la pétition soutenant ses incivilités ont dû être bien déçus à la lecture de la «mise au point» publiée le 10 octobre par les Quarante. Celle-ci commence, en effet, par une déclaration de bienveillance…
Lire la suite : «“Mme le président”: l'Académie persiste et signe… mollement» (version pdf)

Réforme de
l'orthographe : la grande peur des nul·les
****

***

***

****

Alors que la plupart des pays
procèdent régulièrement à des
réformes de leur orthographe, la
France vient encore d'être secouée
par une tempête de protestations
qui n'ont aucune raison d'être…
Si ce n'est la défense de l'un
des moyens les plus sûrs que
possèdent les élites de se
distinguer de la majorité
de la population.

****

****

***

**

***

*****

***

****

Les âneries entendues au printemps 2016 :
  • Une nouvelle réforme de l'orthographe !

Aucune nouvelle réforme. Celle dont on parle aujourd'hui a 25 ans d'existence. Ou plus exactement, elle devrait être appliquée depuis 25 ans, si les responsables successifs du ministère de l'Education nationale n'étaient pas à l'écoute des lobbies qui refusent la démocratisation de la société. Ce qui est nouveau, c'est la décision d'un certain nombre d'éditeurs d'appliquer cette réforme dans leurs nouveaux manuels.

  • Les académiciens sont pour !

C'est tout le contraire. Ce sont eux qui se sont opposés à l'application de la réforme, il y a 25 ans, à partir du rôle qu'on leur avait donné dans la commission en charge du dossier. Non seulement ils ont tout fait pour qu'elle soit la plus minimale possible (alors que le français écrit ne cesse de s'éloigner du français parlé, et cela sans aucune nécessité linguistique), mais ils ont exigé que l'ancienne orthographe continue d'être acceptée, au prétexte qu'il fallait laisser le temps au temps, et qu'on verrait bien si la nouvelle entrait dans les mœurs… La plupart des enseignant·es de français ont donc continué d'enseigner l'orthographe qu'elles/ils avaient apprise à l'école, sans même savoir (le plus souvent) qu'une réforme avait vu le jour. Pire: des dizaines de mots ont pu être orthographiés de deux manières, rendant le travail des correcteurs et correctrices, des institueurs et institutrices, des apprenant·es du français… encore plus compliqué qu'avant.

  • C'est la fin du monde, la fin de la culture française, la fin des haricots…

C'est sûr. D'ailleurs c'est bien connu: le français que nous connaissons est garanti d'origine. Saint Louis écrivait nénuphar, événement et interpeller. Rabelais aussi. Et Racine pareil… Qu'on en juge par les Observations de son contemporain Gilles Ménage, grand connaisseur de la langue française, parues en 1672:

On voit non seulement qu'abîme n'avait pas d'accent circonflexe, mais qu'il s'écrivait encore autrement, et même qu'il a changé de sexe en cours de route! La fin des haricots a déjà eu lieu, on diroit…

  • On ne va plus s'y retrouver !

C'est le contraire : la plupart des mots modifiés par la réforme font depuis belle lurette partie de ceux que les Français·es écrivent en se trompant. S'il n'y a plus qu'une seule orthographe pour ces mots, et si elle est au plus près des règles mémorisées pour les autres termes, cela va rendre les choses plus simples… Du moins pour les gens qui ne risquent pas de passer à la télé ou à la radio afin de délivrer leur opinion sur ce qu'elles ne connaissent pas (on a bien lu: le mot gens étaient féminin, autrefois). Quant aux rares personnes qui connaissaient (ou croyaient connaître) ces petits détails qui font la différence entre les initié·es et les autres, elles vont encore perdre une once de leur pouvoir de séduction sur les malin·es de leur genre!

  • « Il ne revient pas au ministère de l’Éducation nationale de déterminer les règles en vigueur dans la langue française. Ce travail revient à l’Académie française, depuis Richelieu. »

Ça, c'est la plus belle. Et qui dit ça? Le gouvernement lui-même! Avec un argumentaire qui multiplie les erreurs et les contrevérités. Ces gens n'ont pas lu les statuts originaux de l'Académie française (accessibles à tout le monde grâce à Internet), et ils ne savent même pas que c'est Guizot, ministre de l'Instruction publique, qui en 1833 a imposé la plus importante réforme de l'orthographe jamais réalisée. Sans laquelle nous escririons tousjours comme l'on vist cy-dessus, car ces Messieurs ne juroient que par leurs coustumes!

  • A propos, de quoi parle-t-on ?

De quelques terminaisons verbales, de quelques traits d'union, de quelques accents… Télécharger le pdf.

  • A lire : Michel Arrivé, Réformer l'orthographe ? réédité chez Lambert-Lucas, 2016 [première édition: PUF, 1994]

Les “droits humains”
plutôt que les “droits de l'homme” !
avril-mai 2015

Deux campagnes !

L'une, lancée par le Collectif Droits humains pour tout-es : «Il est temps que les institutions françaises abandonnent l’expression incorrecte et excluante «droits de l’homme» pour adopter l’expression droits humains, à l’instar de nombreux pays francophones (le Canada, la Suisse, Haïti…) et de l’ensemble des autres pays du monde (human rights en anglais, derechos humanos en espagnol, diritti umani en italien, Menschenrechte en allemand, etc.)»… — voir sur leur site la pétition à signer.

L'autre, lancée par Zéromacho : «La célèbre Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été votée en 1789 par des députés qui étaient tous des hommes, et au seul bénéfice des hommes: elle ne s’appliquait ni aux femmes ni aux esclaves.
«Zéromacho adapte l’image et le texte d'origine à la mixité afin de promouvoir l’égalité des droits. Cette représentation symbolique, placée sous l’égide du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), pourra être affichée partout en France, pour mettre l’accent sur la mixité des valeurs républicaines.» (lire la suite)


Un nouveau guide
pour apprendre à “communiquer sans sexisme”
Novembre 2015 : A l'initiative du Haut Conseil à l'Egalité femmes-hommes, 10 recommandations, expliquées, illustrées :
  1. Eliminer les expressions sexistes
  2. Accorder les noms de métiers, titres, grades et fonction
  3. User du féminin et du masculin*
  4. Utiliser l'ordre alphabétique
  5. Présenter intégralement l'identité des femmes et des hommes
  6. Ne pas réserver aux femmes les questions sur la vie personnelle
  7. Parler “des femmes” et non de “la femme”
  8. Diversifier les représentations des femmes et des hommes
  9. Veiller à équilibrer le nombre de femmes et d'hommes
  10. Former les professionnel·les

Novembre 2016 : UNE NOUVELLE VERSION ACTUALISEE !

* voir également les Préconisations


A l'attention
de la presse

20 novembre 2015 : Communiqué de presse des associations Chiennes de garde, la Clef, Femmes solidaires, Osez le féminisme — «De l'importance de la sémantiques dans les droits des femmes, ou quelques mots-clés + Petit lexique journalistique (pdf)


Les sottises
de Julien Aubert
Janvier 2014 : première passe d'armes avec Sandrine Mazetier — voir l'article dans Le Lab Europe 1 du 16 janvier.

6 octobre 2014 : seconde passe d'armes — voir Libération du 7 octobre

9 octobre : 140 député-es de droite le soutiennent par une pétition (lettre ouverte au président de l'Assemblée nationale, publiée dans le Figaro) et font vraisemblablement appel à l'Académie française.

13 octobre : l'Académie publie une «mise au point»

  • Voir la tribune parue dans Libération

Janvier 2015 : le député engage un recours en justice, sous prétexte «de faire respecter le droit inaliénable de tout représentant de la Nation à s’exprimer comme il le désire, a fortiori lorsqu’il le fait correctement et poliment, sans devoir se plier au diktat d’une majorité politique du moment ou d’un soi-disant féminisme, qui est en réalité le masque d’une idéologie». L'énergumène invoque donc la politesse: il était temps! Il renonce à s'appuyer sur l'Académie. Par la même occasion, il renonce à sa défense de la langue française… Heureusement, car il ignore le sens de soi-disant. — voir l'article dans Huffpost du 19 janvier.


Contact *****Mentions légales*******Plan du site******Favoris