POUR UN

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LANGAGE NON SEXISTE !

Un site présenté par Eliane Viennot


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Madame de Sévigné s'informant de ma santé, je lui dis : «Madame, je suis enrhumé. — Je la suis aussi, me dit-elle. — Il me semble, Madame, que selon les règles de notre langue, il faudrait dire : je le suis. — Vous direz comme il vous plaira, ajouta-t-elle, mais pour moi, je croirais avoir de la barbe au menton si je disais autrement.» (Gilles Ménage)

Pour d'autres exemples de résistances des locuteurs et locutrices à la masculinisation du français, qui débuta au XVIIe siècle, voir Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin.

«La France est l'un des derniers pays où la féminisation des titres fait débat», constatait en juillet 1998 Marina Yaguello, professeure de linguistique, autrice de plusieurs ouvrages sur cette question (dont Les Mots et les Femmes, 1978). Un tir nourri d'articles de presse indignés, signés de membres de l'Académie française, venait alors de répondre à la demande de plusieurs femmes du gouvernement Jospin d'être appelées «Madame la ministre».

Près de vingt ans plus tard, la querelle se poursuit. Non plus sur la «féminisation des noms de métiers, titres et fonctions» que tout le monde ou presque a enregistrée, et que l'Académie admet enfin depuis le 28 février 2019 (voir les actualités), mais sur la nécessaire démasculinisation du français, que vise le langage inclusif (ou égalitaire, ou non sexiste…) et sa traduction à l'écrit. Si le jargon des élites régresse (Madame le ministre…), il se trouve encore des idéologues pour soutenir que le masculin est un genre supérieur au genre féminin (l'un serait «non marqué», inclusif, voire «neutre», l'autre «marqué», particularisant, discriminant…). Il se trouve encore des hommes politiques pour penser qu'on ne doit pas toucher la règle inventée au XVIIe siècle et enseignée à l'école depuis un siècle et demi:«le masculin l'emporte sur le féminin». Et il se trouve encore beaucoup trop de gens pour s'imaginer que «l'homme» inclut les femmes, et que les «droits de l'homme» peuvent servir à combattre les inégalités dont profitent… les hommes.

Ce combat d'arrière-garde pourrait bien constituer l'une des dernières manifestations de la Querelle des femmes telle qu'elle fit rage durant des siècles, lorsque les partisans de la domination masculine avançaient à découvert et osaient arborer leurs idéaux pour affronter les partisan·es de l'égalité.

Ce site fournit des informations :

  • sur l'actualité de ce combat;
  • sur les ouvrages, les articles, les sites qui s'y consacrent;
  • sur quelques questions de langue qui font aujourd'hui débat entre les partisan·es de changements citoyens dans les usages de la langue française.

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